La mise en place du plan pauvreté se fera progressivement à partir de cet automne. Promettant « un accompagnement réel vers l’activité » pour les personnes « les plus fragiles », la nouvelle stratégie gouvernementale ne se contentera pas de proposer une politique de redistribution classique, mais une politique d’investissement et d’accompagnement social.

Surendettement et taux de pauvreté

Le taux de pauvreté correspond à la proportion d’individus (ou de ménages) dont le niveau de vie est inférieur, pour une année donnée, à un seuil de pauvreté. On privilégie en Europe le seuil de 60 % du niveau de vie médian (Insee).

Derrière la Roumanie (25,3 %), la Bulgarie (22,9 %) l’Espagne (22,3 %) et la Lituanie (21,9 %), le niveau de pauvreté de la France se situe parmi les plus bas avec un taux à 13,6 %.

La précarisation croissante des revenus et allocations sociales amène de plus en plus de ménages à être dans l’incapacité de faire face à leurs dépenses quotidiennes de base, et ne parviennent donc plus à rembourser d’éventuelles dettes, qu’elles soient ou non liées à un crédit. Les médiateurs de dettes constatent que de plus en plus de situations de surendettement sont dues à l’impossibilité de faire face aux dépenses du quotidien. Sans parler des accidents de la vie (maladie, perte d’emploi, séparation…) entraînant une perte brutale de revenus ou une augmentation des charges.

En France : une mesure phare !

Les différences de taux de pauvreté entre les différents pays de l’Union européenne s’expliquent en partie par des différences entre les systèmes nationaux de transferts sociaux, et plus particulièrement de soutien au revenu. Les États membres mettent en œuvre des politiques différentes pour lutter contre la pauvreté et l’exclusion sociale.

S’appuyant sur un système social redistributif, la France a voté en 2013 un premier plan pluriannuel de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale, renouvelé pour la période 2015-2017. Des concertations ont eu lieu de janvier à mars 2018 en vue d’un nouveau programme : elles ont réuni des membres de la direction générale de la cohésion sociale, des acteurs de terrain (élus locaux, représentants associatifs) ainsi que des personnes en situation de pauvreté. La concrétisation de ces pourparlers devrait avoir lieu cet automne prochain.
L’effort dans la lutte contre la pauvreté repose majoritairement sur les aides sociales (allocations logement, prestations familiales), ainsi que sur l’allègement des charges fiscales ou la prime d’activité.

Un investissement accru en direction des enfants et des jeunes

Parce que la lutte contre la pauvreté doit s’inscrire dans une logique d’égalité des chances, mais aussi parce que la pauvreté touche particulièrement ces publics, la future stratégie prendra comme point d’entrée la situation des enfants et des jeunes.

La future stratégie reposera sur un changement des modalités d’intervention publique, davantage tournées vers l’amont et fondée sur l’accompagnement des personnes tout au long de leur parcours. Il s’agit d’adopter une logique d’investissement social pour intervenir en amont des difficultés et à chacune des étapes de la vie, en examinant à ces étapes les politiques publiques dans leur globalité et non en silo.

Un versement unique des aides dès 2019

Par ailleurs, le gouvernement pourrait se rapprocher d’un revenu de base. Parmi les mesures attendues, le gouvernement souhaiterait opter pour une « aide sociale unique » sous la forme de « revenu de base ». Toutes les prestations sociales (AAH, RSA, prime d’activité…) seraient alors versées en même temps, avant, peut-être, une fusion des minima sociaux. Pas question cependant de toucher à la prime d’activité, ni à l’allocation spécifique de solidarité pour les chômeurs en fin de droits.

Le dispositif « zéro chômeur », dont le bilan actuel est positif, pourrait quant à lui être étendu à davantage de territoires et serait couplé à un dispositif  » d’accompagnement vers l’emploi » pour ramener les bénéficiaires du RSA vers le travail.