51 ans après l’installation du premier distributeur de billets, la monnaie traditionnelle a de moins en moins la côte. Le comité d’action publique CAP 22, rattaché à Matignon, suggère dans un récent rapport d’en finir avec l’argent liquide.

 

Les espèces en voie de disparition

Au commençant de la nouvelle réforme française : supprimer les pièces d’un et deux centimes. C’est ce que propose le nouveau rapport CAP 22 sur la réforme de l’État. Après presque trois millénaires d’existence, la monnaie physique serait-elle passée de mode ?
La Banque centrale de Suède prévoit d’ailleurs l’extinction des espèces en 2030, alors que la Chine et la Corée du Sud planchent sur le même scénario pour 2022.

Une prévision qui fait écho à la dématérialisation sans précédent des moyens de paiement : sans contact, paiement mobile et en ligne, transactions digitalisées… Parties intégrantes des nouvelles habitudes d’achats des consommateurs. En effet, comme l’expliquent les experts de la Banque de France, les moyens de paiement électroniques au sens large répondent à de vrais besoins, s’inscrivant dans un mouvement général de dématérialisation des services et de certains biens.
Nous sommes en train d’assister à la fin d’un monde : celui de l’argent liquide : pièces et  billets.

La fluidité des transactions électroniques vient aussi satisfaire la quête d’optimisation du temps. Simples et pratiques les options de paiement électronique supplantent de plus en plus le paiement cash jugé, quant à lui, moins flexible.

Certains parlent même de « darwinisme des moyens de paiement ». Le plus pratique, le plus rapide, le plus sécurisé finit par l’emporter sur les autres.

Un marché porté par les bénéfices

Si les bouleversements à l’œuvre répondent aux besoins des consommateurs, l’argent dématérialisé présente de nombreux avantages :

  • -Le liquide étant le seul moyen de paiement totalement gratuit (avec le chèque, lui aussi en voie de disparition accélérée), les banques privées et autres opérateurs de carte (MasterCard, Visa…) lui préfèrent évidemment les transactions électroniques génératrices de commissions et de frais bancaires.
  • -Pour les géants du net et de l’e-commerce les transactions en ligne sont une mine d’or, bien plus riches en données clients qu’un paiement anonyme en cash.
  • -Plus traçables que l’argent liquide, les flux financiers dématérialisés permettent un contrôle accru pour mieux répondre aux enjeux de sécurité.

En faveur du cash !

Pour autant, les Français semblent encore accorder une importance singulière aux autres avantages du cash, gratuit et disponible partout et pour tous y compris les mineurs. Ces réticences sont à mettre en lien avec les nouveaux risques posés par le paiement électronique. Si la menace de fraude est contenue, elle est bien réelle.

Mais l’abolition du liquide soulève aussi des questions sociales. Selon la Banque de France, 10 à 15 % des Français n’ont pas d’alternative au cash. Ces personnes âgées ou vulnérables risqueraient de se retrouver de fait dans une situation d’exclusion bancaire et donc sociale.