Bruxelles souhaite réduire les commissions sur les virements au sein du marché unique, même hors zone euro, et mieux informer les consommateurs sur les frais pratiqués lors de paiements à l’étranger.

Des frais qui donnent chaud

Après s’être attaquée il y a plusieurs années aux frais d’itinérance facturés par les opérateurs mobiles hors des frontières (dits « roaming« ), la Commission européenne s’attaque à une autre forme de coûts subis par les consommateurs au sein du marché unique : les frais et commissions de change pratiqués sur les virements et paiements à l’étranger. Bruxelles vient ainsi de dévoiler, dans une publication législative publiée fin mars, une série de propositions visant à mettre en place « des virements en euros peu coûteux partout dans l’Union et des frais de change plus justes« . Elle envisage notamment de demander la transparence la plus complète en matière de taux de change lorsque les consommateurs payent par carte dans un pays où n’a pas cours la même monnaie que la leur.

Faites vos valises !

Une avancée potentielle qui devrait donc intéresser les voyageurs. Car si cette nouvelle mesure est adoptée telle qu’elle, les consommateurs européens qui paient ou retirent dans l’UE dans une autre devise que la leur – par exemple un touriste français en voyage au Royaume-Uni, en Pologne, au Danemark, en Hongrie, en République tchèque ou en Suède, autant de pays qui n’ont pas adopté l’euro – devront être informés, avant l’opération, du montant des frais de change qui leur seront facturés. De cette façon, il sera possible de comparer le coût des différentes offres de conversion monétaire pour procéder à un choix équitable.

Il s’agit en premier lieu d’étendre à toute l’Europe les règles appliquées entre pays de la zone euro, depuis le règlement de 2001 concernant les paiements transfrontaliers. Ces derniers seront désormais facturés, en dehors de la zone euro, en étant assortis de frais modiques ou nuls, au même prix que les paiements nationaux réalisés dans la monnaie officielle locale. Contrairement aux commissions prélevées aujourd’hui qui peuvent être très salées et les frais exorbitants concernant certains pays.

Moins de change pour plus d’échanges

Une mesure qui vise toute particulièrement le « change dynamique », une pratique qui consiste à proposer à un voyageur de payer ou de retirer dans la devise du pays où il se trouve, mais d’être débité dans la devise de son pays d’origine. Une option qui permet d’échapper aux frais facturés par sa banque, mais dirige souvent le voyageur « de manière déloyale vers l’offre de conversion monétaire la plus coûteuse », note la Commission.