Bruno Le Maire dit vouloir plafonner les frais bancaires. Agios, dépassement de découvert… coûtent 300 euros par an aux clients en difficulté et généreraient 6,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires pour les banques.

Un Français sur quatre est victime d’un incident de paiement chaque année.
Source : Comité Consultatif du Secteur Financier

Lorsqu’une personne n’a pas assez d’argent sur son compte pour honorer un paiement, la banque prélève des frais d’incident. L’année dernière, un titulaire de compte sur quatre en a payé, soit 10 millions de Français, selon un récent rapport du ministère de l’Économie. Les prélèvements automatiques sont particulièrement pointés du doigt, puisqu’ils tombent souvent en début de mois. Des prélèvements qui sont « repassés » automatiquement dans les jours suivants, les frais étant de nouveau prélevés, dénonce l’étude.

Elle démontre également que 85 % des incidents bancaires dus aux prélèvements automatiques sont évitables, puisque la date est imposée au client. Le gouvernement réfléchit donc à proposer au client de choisir la date de son prélèvement en fonction du versement de son salaire.

Pour les plus démunis, c’est une double peine ! Être à découvert coûte cher, avoir des incidents de paiement encore plus.

Des mesures inefficaces ?

Le ministre de l’économie Bruno Le Maire a déclaré dernièrement vouloir discuter avec les associations et les banques d’un « vrai plafonnement efficace des frais bancaires pour les foyers modestes ». Des dispositions en ce sens seraient intégrées dans le plan pauvreté.

Jusqu’à présent, le plafonnement des frais et l’offre de services bancaires de base spécifique pour les clients fragiles, créés par la loi du 26 juillet 2013 (article L312-1-3 du Code monétaire) sont peu efficaces. Résultat, à peine 10 % des 3,6 millions de personnes en situation de fragilité financière bénéficient de ces tarifs et plafonnements spécifiques, selon l’Observatoire de l’inclusion bancaire. Faut-il revoir cette offre afin de toucher davantage de ménages fragilisés ? En faveur d’un plafonnement global, le gouverneur de la Banque de France, se dit prêt à désigner l’ensemble des établissements bancaires aptes à encadrer la future mesure.

Affaire à suivre…